19/08/2010

Et une page de pub, une, ça marche!

Dans les romans d'Amélie Nothomb, il n'y a qu'un paragraphe de véritablement écrit : le premier.

L'auteur, en fine commerciale, sait que le critique s'arrête souvent là pour se faire une idée des romans qu'il doit "critiquer", tandis que le chaland opère le choix de l'achat littéraire selon la même philosophie : il cherche, dans les travées de la librairie, les romans dont  les journaux lui ont imposé la lecture (à force de ne parler que d'eux et d'eux seuls) - tout comme le critique ne se fatiguera à lire que les seuls oeuvres fortement "conseillées" par des attachés de presse qui font la pluie et le beau temps dans le monde artistico-commercial du 21ème siècle -, ouvre un ou deux romans, en lit le premier paragraphe et achète la chose, pour ne pas prendre le temps de vraiment la lire ou - plus fréquent - pour l'offrir à la tante Rita (parce qu'on ne va tout de même pas se fatiguer à chercher un cadeau original !).

Et bien figurez-vous que quand un critique (du moins, celui du Soir) critique un autre critique (du moins, celui de Libération), il fait la même chose : il s'arrête au premier paragraphe.

Ainsi, Sabine Cessou de Libération, dans un article bien trempé, a voulu exprimer toute sa déception (relative, car on ne peut être déçu de quelqu'un dont on attend pas grand chose) à la lecture du premier paragraphe (et de tous les autres) du roman annuel d'Amélie Nothomb. A ce que je sache, elle en avait le droit et elle en profite pour "régler ses comptes" avec une auteur dont elle n'aime pas trois quarts de l'oeuvre. Dans le premier paragraphe, elle a cette formule qui résume excellemment   l'oeuvre complète de notre "star nationale" : elle est au fromage ce que l'apéricube est à la littérature (et vice versa).

Mais voilà, le critique du Soir, comme tous les autres critiques, n'aime pas qu'un autre critique critique ce que lui aime bien (et vice versa également). Et donc, dans un article "revanchard", "stagiaire" (car sur le site du soir, les stagiaires n'ont pas de nom :)), prend la défense d'Amélie (comme si elle en avait besoin!!). Pourtant, la critique de Libé a mille fois raison : Amélie n'est pas vraiment une écrivain, mais une industrielle du papier qui veut vendre, plus qu'enchanter... Le sommet du ridicule de l'article du Soir (qui est fortement différent dans sa version papier par rapport à la version sur internet) vient lorsque la journaliste stagiaire nous dit que le principal mérite d'Amélie est de "pousser les gens à lire"!! Oui, mais à lire "ça", cette prose indigeste et incolore, ces histoires totalement inventées, mais auxquelles l'auteur donne la patine du vraisemblable en essayant de nous faire croire qu'elles sont autobiographiques (je parie mon slip qu'il n'y a pas une ligne autobiographique dans "l'oeuvre nothombienne"). Dire qu'il est positif qu'Amélie ramène les gens à la lecture équivaut à affirmer que "Julie Lescaut" a le mérite de ressembler à un policier (regardez plutôt un bon policier américain des années 70, style Serpico) ou que Mimie Mathy remplit le vide laissé par Louis De Funés. En d'autres termes, Amélie est à la littérature ce que TF1 est à la révolution culturelle!

11:23 Écrit par aldagor vous donne le micro. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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